Des sociétés névrosées !

Je viens de regarder The Corporation. Un documentaire à voir absolument ! Incroyable qu’il ait été réalisé en 2003.

Il présente la naissance de la « personne morale ». Cette nouvelle espèce de conscience synthétisée à un niveau supra-individuel, imaginée dans le but de décharger les membres (actionnaires) d’une quelconque responsabilité. En utilisant naturellement une métaphore anthropologique, le documentaire s’attache à présenter les firmes comme des individus psychopathes, diagnostiquant plusieurs symptômes névrotiques dans cette quête insatiable de profit.

De justes retours historiques sur la naissance du concept du capitalisme permettent de mieux appréhender son contexte d’évolution, le développement de la propriété privé, la montée en puissance des lobbies industriels, les alliances politiques… De nombreux drames historiques et actuels révèlent la nature perverse de nos organisations inconscientes.

Ce regard est vraiment très intéressant (malgré une réalisation très américanisée !). Cela a fait écho à une réflexion que je menais tout récemment dans le cadre d’un dossier sur la culture organisationnelle. Celle dont on parle sans pour autant savoir la décrire. Cette personnalité collective, qui est-elle, comment se construit-elle ? A quelle vitesse les individus l’intègrent dans la leur ? Un inconscient collectif conduirait-il inexorablement à la reproduction d’erreurs du passé  ? Et dans ce cas, faudrait-il tuer nos organisations pour en voir naître de nouvelles : des communautés autogérées, responsables d’elles-mêmes et des traces, matérielles et immatérielles (virtuelles?) qu’elles laisseront…

C’est comme si aujourd’hui, tous les individus assouvissaient leurs pulsions de domination, de soumission de perversion, de luxure et de mort de manière totalement naturelle au sein des organisations. Le consumérisme et l’aliénation deviennent les modes d’élaboration d’une identité individuelle… qui toutes réunies confortent l’inconscient collectif…

Les organisations ont-elles compris que lorsque la complexité ne permet pas de comprendre ce qu’il se passe, l’individu ne prend pas conscience de ce qu’il construit ? Sommes-nous déjà  tous utilisés par les structures que nous avons créées ?

Nous sommes, individuellement, acteurs de la construction de l’avenir.

Il faut que la déresponsabilisation universelle cesse. Ce n’est jamais la faute de personne ! Les pdg n’ont pas le choix, ce sont les actionnaires qui décident, les actionnaires passent par des banques dont l’intérêt du client prime, le consommateur veut tout pas cher, les politiques doivent préserver l’emploi… Et surtout, chacun veut garder la face.  C’est pourtant individuellement que le travail de remise en cause doit être fait pour s’extraire de la propagande. Nous participons tous à la construction de notre avenir.

Aujourd’hui, nos organisations sont malades. Leur inconscient les pousse à reproduire les schèmes du passé, les mythes glorifiant de sa mémoire. Chacun a un rôle déterminé au sein de l’organisation sans jamais le remettre en cause… Il faut comprendre le sens que l’on souhaite donner à notre travail, à notre vie. L’essentiel étant la cohérence dans nos actes… Consommer en conscience et travailler en conscience. Avec éthique, nous devons croire au but de ce que nous réalisons, sans toujours privilégier systématiquement un confort individuel et immédiat…

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Classé dans Avenir, Conscience & inconscience, Société

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