Récit d’un projet de recherche… l’organisation hypertexte.

Personne ne peut plus nier que nos modèles organisationnels et institutionnels actuels ne sont plus capables de répondre aux enjeux du XXème siècle : démographie, enjeux climatiques, crise sociale, malnutrition, guerres idéologiques, conditions sanitaires africaines, destruction d’écosystème, diversité… En tout cas si le monde est un supra-organisme, problématique actuelle de Thierry Crouzet, dont la réputation virtuelle est déjà très forte, il a de sacrés problèmes de santé qu’il faudrait s’atteler à palier. Il faut désormais changer de paradigme. La voie de la connexion pourra-t-elle ouvrir la voie à une connaissance immense, sources de création et d’innovation ? De nombreuses résistances devront-être pallier. Comment les organisations devront-elles s’y prendre ? Comment pourront-elles détecter « les communautés de passionnés » (j’emprunte l’expression à Serge Soudoplatof) ? Comment doter les utilisateurs d’outils vraiment adaptés à leurs besoins spécifiques ? Ce sont ces questions auxquelles mes recherchent tenteront de répondre.

J’étais en pleine phase « procrastinatoire » que seule la lecture du guide « surmonter la procrastination scolaire » n’a pas aidée… (Quoique… avec peut-être un petit temps de retard peut-être.)

C’est en lisant l’introduction du livre méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de la thèse de doctorat (Pierre N’DA, 2007) , que mon champ de perception s’est réouvert. Ce qui m’a fait repensé à la petite leçon de vie de Florence Meichel. Je prenais des notes. J’en avais marre de lire, de zapper et d’avoir l’impression de ne pas tout mémoriser. (L’écriture manuelle reste pour moi le moyen de réflexion et d’apprentissage le plus efficace.)
Je me suis écrite la question suivante : comment souhaite-je me positionner en tant que chercheure-étudiante traitant de la création et du partage de  connaissance au sein des organisations ? Et à partir du moment où j’avais trouvé le début de ma problématique, j’ai pu en faire émerger de nouvelles, le tout trouvant enfin sa cohérence.

Dans un premier temps, je me suis poser la question, de la discipline dans laquelle je m’inscrivais. Qu’est-ce que la gestion de la connaissance ? Et déjà à ce moment là, la réponse n’était pas si évidente qu’elle puisse paraître. Le management appartient aux Sciences de gestion, plutôt pragmatiques et rationnelles, mais les théories des organisations et la théorie de la création de connaissances se nourrissent davantage d’autres sciences humaines, aux approches multiples ?

Admettant dans mes principes fondamentaux qu’une démarche puisse être plurielle, au sens ou elle peut résulter de plusieurs motivations trouvant un compromis dans une voie, il me sembla légitime de positionner cette recherche comme hybride. Cette démarche s’inspire en outre des préconisations formulées par Jean-François Chanlat dans son Plaidoyer pour une anthropologie générale et dans l’ouvrage collectif qu’il a dirigé, l’individu dans l’organisation – les dimensions oubliées. Les sciences de gestion permettront de nous positionner et de comprendre les logiques économiques (et non strictement financières ), et les sciences humaines de comprendre « l’homme, mesure de toutes choses » ( Protagoras), l’organisation cette personne morale psychotique selon l’analyse proposée dans The Corporation – mais également les flux passant de l’un à l’autre, l’organisation, comme processus d’intégration. C’est une approche humaniste en somme, à la croisée de plusieurs monde et de plusieurs temps…

L’homme vit dans un univers économique, au sens où il doit maîtriser ses ressources. A en croire Serge Soudoplatof, un domaine toutefois subit des lois inverses de l’économie de marché, l’économie immatérielle, économie de la connaissance. Il se plaît à nous faire part lors de sa conférence (à voir!) de l’une de ses maximes favorites : « lorsque l’on partage un bien matériel, il se divise ; lorsque l’on partage un bien immatériel, il se multiplie ». Sans nul doute que l’organisation hypertexte de Nonaka et Takeuchi (voir aussi le livre sur la théorie de la connaissance en renvoi précédemment) fait une entrée remarquée auprès de la communauté virtuelle et que le concept commence à nous ouvrir à la vision d’une organisation réellement démocratique, responsable, et investissant dans l’économie du futur, celle de la connaissance.

Personne ne peut plus nier que nos modèles organisationnels et institutionnels actuels ne sont plus capables de répondre aux enjeux du XXème siècle : démographie, enjeux climatiques, crise sociale, malnutrition, guerres idéologiques, conditions sanitaires africaines, destruction d’écosystème, diversité… En tout cas si le monde est un supra-organisme, problématique actuelle de Thierry Crouzet, dont la réputation virtuelle est déjà très forte (Indicateurs : plus de 2800 followers sur twitter – ce qui le place selon cette étude dans le pourcentage de tête des individus les plus suivis. De plus parfois plus de 150 commentaires sont postés par article sur son blog. On peut trouver des vidéos de sa conférence Rezonance intitulée « Le 5ème pouvoir », que j’ai découverte grâce à l’intervention de Quiterie Delmas, que j’avais découverte de clic en clics…), il a de sacrés problèmes de santé qu’il faudrait s’atteler à palier. Il faut désormais changer de paradigme. La voie de la connexion pourra-t-elle ouvrir la voie à une connaissance immense, sources de création et d’innovation ? De nombreuses résistances devront-être pallier. Comment les organisations devront-elles s’y prendre ? Comment pourront-elles détecter « les communautés de passionnés » (j’emprunte l’expression à Serge Soudoplatof) ? Comment doter les utilisateurs d’outils vraiment adaptés à leurs besoins spécifiques ? Ce sont ces questions auxquelles mes recherchent tenteront de répondre.

Les organisations, privées comme publiques, sont forcément en pleine effervescence à l’heure actuelle. Elles doivent plus que jamais maîtriser leurs ressources, leur impact – écologique, économique et social – tout en trouvant des solutions innovantes et efficaces pour faire germer le monde de demain.  Pour se convaincre de la nécessité d’agir vite, voyez comme nous avons déjà tardé à répondre à Severn Sulki, 12 ans, en 1992, au Sommet de Rio. Nous n’avons fait que peu de choses et c’est aujourd’hui branle-bas de combat, les dirigeants veulent des indicateurs, maintenant et tout de suite, mais n’ont aucun moyen d’avoir rapidement des informations fiables. Ils suivent éventuellement pas trop mal leurs coûts, mais trouver des indicateurs d’environnement fiables nécessite de « sonder » bons endroits. Et parfois les temps de mise en place peuvent prendre du temps, surtout à l’heure actuelle ! Les organisations le savent, elles seraient déclarées inaptes par la médecine du travail. Mais pourquoi les organisations sont-elles si aveugles ? Sans doute parce-que submergées… Les modèles organisationnels pyramidaux qui dominent nos structures sont complètement déconnectent complètement les bases opérationnelles. Alors que nombre d’experts de terrain soutenus par un réseau seraient en mesure de résoudre un micro-dysfonctionnement en temps réel, le circuit bureaucratique étouffe la connaissance, tant sa création que son réel partage. De maigres données quantitatives sont interprétées toujours de la même manière par nos énarques et polytechniciens. Si l’on veut innover, il faut avant tout libérer la connaissance au sein des organisations (question actuelle aussi, voir le copyright de la connaissance analysé par S.I.Lex ).

Force est donc de constater que l’entreprise est « déconnectée », que les dysfonctionnements se multiplient, et que les signaux d’alerte trop nombreux. Peu d’agrégateurs de flux ni de réponse en temps réel au sein de nos organisation pour gérer tout ça ! Peu de visualisation dynamique possible avec un reporting mensuel incomplet, sur lequel pourtant repose toute décision stratégique… Sans compter les freins à l’innovation, nombreux, hérités de nos pratiques bureaucratiques, qui, dans une vision purement mécaniste de l’organisation, ont poussé à leur paroxysme cloisonnement et rentension de l’information. Sans compter par ailleurs, comme frein à la création de connaissances, le peu d’outils pédagogiques disponibles en interne. L’article de Debliquy et Berghen propose une petite synthèse des projets actuels de knowledge management.

La question est de savoir comment pourrions-nous penser le long terme sans n’avoir de prise solide sur notre présent ? Ne peut-on pas se dire qu’il serait déjà bien temps de profiter et de faire fructifier les immenses capacités des nouveaux outils de télécommunication ? L’organisation ne serait-elle pas déjà en mesure de capter et de fertiliser un grand nombre de connaissances ?

C’est une démarche empirique qui m’a conduite à m’interroger sur toutes ces questions. Manager en formation, ayant eu l’occasion de suivre l’émergence d’un projet d’outil de travail collaboratif au sein d’une grande administration territorial, à l’esprit 2 voire 3.0, il me semble aujourd’hui que nombre de nos organisations sont en retard dans l’introduction des NTIC. Et pour celles qui ont franchi le pas, les résultats n’étaient pas toujours à la hauteur des espérances. C’est sans doute à ce niveau la qu’une approche plus humaine que technique devient indispensable. Un changement de pratiques et de paradigme aussi important doit être porté par un connecteur communiquant, capable de traduire en différents langage opérationnel les enjeux du futurs. Au sein de l’organisation, ces rôles ne se sont encore que trop peu développés.

 

Sur la toile pourtant, le peuple des connecteurs (expression consacrée par Thierry Crouzet) se forme par affinité. L’auto-organisation est la règle de base, où chacun apporte sa meilleure contribution (même les fils de trolls participent à la fertilisation des connaissances !). Le modèle constructiviste de l’intelligence collective d’Evelyne Biausser entre en cohérence avec cette nouvelle vision du modèle économique.

Il existe aujourd’hui, comme nous le présente Diane Mercier dans ses carnets de nouveaux outils de management de la connaissance, open-source, qui peuvent faciliter les connexions et fertilisations croisées de connaissance.

Il m’a fallu plusieurs mois, voire quelques années pour m’immerger, doucement, au sein de ce peuple du futur.

Tout a réellement commencé il y a à peu près deux ans – avant, je consultais les pages de la redoute, mes destinations de vacances et mon horoscope quotidien… : consommatrice passive de contenu. Bon un peu plus que ça, je chattouillais de temps en temps sur msn, et j’aimais bien les e-mails ! Je connecte encore peu aujourd’hui, mais grâce à vous, mes nouveaux amis, suivants et suiveurs, j’ai pu apprendre bien plus vite que je n’aurais jamais pu le faire seule. A ce sujet, je vous conseille la lecture de plusieurs articles qui corroborent mon approche empirique,  les potentiels de création de connaissances de Twitter par Fabrice Epelboin, comment les médias sociaux stimulent ma mémoire par François Guité, l’adaptation du cerveau au 2.0 et aussi la connaissance « nouvelle » de Pierre Chapignac.

L’infinie connaissance qui se crée et se niche sur la toile chaque jour nous ouvre les portes de la connaissance, voire même pour le biophysien Dieter Broes, « à un saut quantique élémentaire de conscience ».

Toutefois, pour le comprendre, j’ai dû passer par l’expérience. Tant que mon utilisation du web était passive, je ne pouvais détecter les niches de connaissances, les grappes virtuelles de passionnées qui chaque jour s’échangent de nombreuses connaissances en or. Mon passage en mode dynamique puis en temps réel a accru considérablement mon accès. Bien heureusement, au lieu de détruire la connaissance, elle germe et grandit chaque jour de plus en plus. Tout ceci est sans doute possible grâce au lien affectif que le passionné entretient avec la connaissance… Et sur le web, la vie virtuelle peut devenir bien réelle.

Ma vie virtuelle, par liens hypertextes m’a menée, vers de lointaines contrées. Une recherche google book, un livre passionnant, un mail de prise de contact, et un envol pour Montréal pour y rencontrer de nombreuses personnes passionnantes. Viadeo m’a permis de prendre de nouveaux contacts sur place, le couchsurfing de m’immerger dans la vie d’un résident, et Facebook de garder contact avec mes amis d’auberge, irlandais, canadiens, italiens et même français ! Depuis mon retour, Diigo et Twitter m’ouvrent les portent d’une intelligence collective incommensurable ! Un immense et grand merci à tous ceux qui ont contribué à mes découvertes, de près ou de loin, sur la toile.

Un tempérament toutefois à l’enthousiasme, sans temps réflexif, l’individu peut risquer de se noyer dans le temps réel. L’individu doit jongler entre les différentes échelles de temps virtuels… et réels !

Si la connexion à la toile peut changer une la vie d’un individu, peut-elle changer la vie de l’organisation ?

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