Premiers pas à Sadhana Forest

J’ai passé trois semaines dans les montagnes himalayennes à McLeod Ganj. C’était une très belle étape dans mon voyage. J’ai rencontré plein de gens très intéressants et passionnants, et ai en plus profité de ce cadre magnifique pour quelques ballades en montagne. Je pourrais modérer mon point de vue, mais je ne referais pas mon topo sur les dégâts dus au tourisme, mais là-bas aussi, on les voit croître de manière exponentielle… En tout cas, je pense que ce fût un autre pas très important de mon voyage. Et je ne doute pas d’y retourner prochainement et de recroiser dans l’avenir, quelque part sur notre planète, ces gens formidables.

Mon ami américain, Collin, m’a rejoint et nous avions vaguement planifié de partir pour le Ladak : Un territoire dans les hauteurs de l’Himalaya proche du Kashmir. Il paraît que c’est un endroit magnifique et nous voulions faire du wwoofing là-bas… Mais le voyage est toujours fait de surprises !

Je n’avais pas l’intention de descendre dans le sud, en tout cas certainement pas si vite, mais dans le cadre de mes « recherches » sur les communautés, je n’ai pas pu résister à la tentation de venir voir par moi-même Auroville. J’avais regardé plusieurs documentaires et discuté avec des gens qui sont passé par là-bas, et j’ai vraiment eu l’impression que j’avais beaucoup à en apprendre. C’est une sorte de ville expérimentale, de laboratoire géant, où des individus du monde entier se retrouvent autour de différents projets, scientifiques, écologiques, humanitaires… humanistes même ! Bien sûr je savais déjà que cette ville n’était pas encore l’utopie du 21ème siècle, mais c’était pour moi très fascinat de voir ce que des gens ont pu créé partir de rien. Certes l’humain reste humain et beaucoup de choses sont perfectibles, mais tout cela était très inspirant… J’ai donc proposé à Collin l’aventure aurovillienne, pensant que lui aussi serait intéressé, lui surtout par les projets de permaculture. S’il n’avait pas été intéressé, j’y serais descendu plus tard ! Mais, ça lui a parlé et on a décidé de partir…! C’était vraiment agréable de ne pas faire seule ce périple…

C’était un long trajet, près de 60 heures en bus et train. On a traversé l’Inde toute entière, parcourant ainsi plus de 2500 km. Le trajet en soi n’était pas toujours une partie de plaisir… Une nuit entière en bus pour redescendre des montagnes, 12 heures de transit à Dehli où la température devait largement dépassé les 50°, 35 heures de train pour se rendre à Chennai et enfin 4 heure de bus pour Pondicherry… Il fait très très très chaud à cette saison dans le centre et le sud de l’Inde et dans les compartiments sans climatisation, il y en avait du monde ! Et pour le coup, pas de touristes ! Mais en toute honnêteté je l’ai bien vécu (même si je craignais que Collin finisse par me haïr)! C’était déjà en soi une expérience de vie intéressante… Et la destination m’intriguais.

Auroville est très critiqué dans les médias sur certains aspects, manque d’intégration au village indien, business, tourisme et j’en passe. On peut parfois entendre parler de dérive sectaire aussi. Mais je ne rentrerais pas dans ce débat parce-qu’il y aurait beaucoup de notions à définir au préalable. Ce qui m’intéressait, c’était d’arriver avec un esprit ouvert et critique sur leurs pratiques, pour comprendre les forces et les faiblesses d’une telle communauté. Je ne m’attendais donc pas à trouver le Paradis sur terre, mais j’espérais m’inspirer des expériences d’autrui.

Quand nous avons débarqué à Auroville jeudi après-midi, la centre ville semblait quasiment fantomatique. le service d’acceuil était fermé et nous avons croisé le chemin de touristes un peu désorienté. C’est une période où beaucoup de gens ont quitté Auroville, au moins temporairement, et quelques troubles récents ont mis la ville en sommeil. Après ce long voyage, on pensait au départ prendre le temps de se poser un peu et de visiter avant d’întégrer en tant que volontaires une communauté… Mais dans ces conditions, on s’est dit que le plus vite serait le mieux ! J’avais entendu parlé de Sadhana Forest par plusieurs personnes qui m’avaient vivement conseillé d’y passer quelques temps, et nous avons décidé d’y aller directement. C’est une jeune communauté qui a six ans maintenant, rassemblée autour d’un projet de reforestation. Mais leur projet va bien au-delà… Autosuffisance, zéro déchet, création de lien social avec les habitants des villages voisins, formation de « créateurs de communauté », échange et partage de différentes connaissances… Et bien plus encore. C’est communauté particulièrement mouvante. Des volontaires long terme (une vingtaine) et de court terme partagent ce lieu de vie. En plein pic de saison, ils étaient 170 en tout. Bien qu’elle soit encore très jeune, le dynamisme de cette communauté attire beaucoup de voyageurs de tout type. A cette période toutefois, la taille de la communauté s’effrite comme peau de chagrin. Nous sommes environ 25 et beaucoup sont sur le départ. D’autres téméraires viendront peut-être encore mais il faudra sans doute attendre septembre avant que la communautés s’élargissent de nouveau. Les fondateurs sont actuellement en vacances en France après avoir développé un nouveau projet en Haïti et ne reviendront que dans six semaines. De nombreux volontaires « permanents » profitent de cette saison aride ici et de l’arrivée du printemps en occident pour retourner dans leur famille… Un grand nombre reviendra sans doute en septembre pour la saison de plantation. De mon côté, j’aime bien voir ces phases de transition, durant lesquels on en apprend beaucoup. Et puis les gens qui restent sont passionnants. En 6 ans en tout cas, le résultat est déjà impressionnant… C’est incroyable de voir l’écosystème qu’ils ont déjà réussi à recréer en si peu de temps. Je vous montrerai bientôt des photos et en dirai davantage, au fil de mes découvertes… Il y a sans aucun doute du bon à prendre !

Je n’ai pas encore pris le temps de faire le tour de toutes les communautés, de visiter le centre d’Auroville et d’approfondir les différents projets scientifiques en cours, mais je ne manquerai pas de creuser tout ça très bientôt ! Et puis je ne manquerai pas non plus de partager la vie quotidienne à Sadhana Forest, comment les gens s’organisent, travaillent, mangent, dorment, recyclent…

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4 Commentaires

Classé dans Approche personnelle

4 réponses à “Premiers pas à Sadhana Forest

  1. Holden Caulfield

    Interessant ,c’est vrai que ça serait super d’avoir quelques photos ….. et puis pense a prendre plein de notes si tu peux !
    Tu sembles aller parfaitement bien et je m’en rejouis ….. à très bientôt ,peut-être …

  2. Leroy-Biasutti

    Bonsoir,

    Je suis un étudiant et je suis entrain de faire un exposé avec d’autres étudiants sur Auroville.
    Ce serait intéressant si tu pouvais nous faire partager tes découvertes et impréssions. Nous nous focalisons plutôt sur le lien qui existent entre Auroville et l’environnement. Le problème c’est que l’on a du mal à trouver une critique objective d’Auroville. Par exemple les limites de cette cité, on a du mal à les cerner.

    Sinon profite bien de ton voyage, ça doit être intéressant et instructif ^^.
    Bonne soirée

  3. @ Holden Caulfield : Tu me connais, des notes, j’en prends beaucoup 😉 Et bien sûr à très bientôt…

    @ Leroy-Biasutti :

    Bonjour,

    Désolée de ne te répondre que maintenant… La connexion ne marchait pas ces deux derniers jours.
    Je suis ravie d’apprendre que des étudiants fassent des exposés sur Auroville, et de manière générale sur des modes de vie alternatifs !
    Dans quel cadre ? Etudiants quoi ? Quelle matière ? Combien de temps avez vous pour préparer votre exposé ?
    Je peux te transmettre ma toute petite expérience. Du coup ce ne sera, une fois encore, pas une critique « objective ». Mais la synthèse de mes perceptions… Les limites de la cité sont de plusieurs ordres : économiques, écologiques et sociales. Je veux vraiment prendre le temps de te développer tout ça, et j’en ferai sans doute l’objet de mon prochain article. Mais si vous avez peu de temps, on peut peut-être en discuter sur skype… Parler est plus rapide qu’écrire, et si ton délai est court, tu pourras me poser directement les questions qui t’intéressent…
    En attendant, je vais tenter d’écrire un article un peu plus développé sur les limites de cette cité… Mais il y a aussi de très beaux projets ! Je suis entrain d’essayer de rencontrer des gens… Je pourrais vous en dire plus très bientôt ! Je croise les doigts pour que la connexion tienne le coup !

    Bonne journée !

  4. Leroy-Biasutti

    Et bien merci beaucoup pour ta réponse,
    Nous sommes des étudiants à l’ Université technologique de Troyes et c’est dans le cadre du cours EV01 ( un cours d’environnement). Finalement nous ne sommes pas passés aujourd’hui, nous présenterons notre exposé jeudi prochain donc je pense que le plus simple soit que l’on fasse par skype, je te passe mon adresse mail comme ça tu pourras m’envoyer ton adresse skype sur ce mail et ça sera plus simple pour parler.
    guillermosamouro(at)hotmail.com
    remplace (at) par @

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